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lundi, 21 mai 2012

journalistes, fusion ou fission ?

On fait un bien beau métier !

Des fois non.

J’ai l’impression que partout dans le monde, des journalistes se prennent une belle volée et que nos libertés sont de plus en plus menacées.

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Jeudi 17, je me suis réveillée avec cette info, un journaliste de France 3 s’est fait brocarder pour tweets non conforme aux idées de son boss. Et vu la situation de la troisième chaîne, ce n’est pas le moment de faire le malin. En effet, la direction de France télé a décidé de mutualiser le matériel, et donc les cadreurs.

Le seul problème est que chaque journaliste qui se rend sur un événement a une idée d’angle. Enfin, normalement, hein…  enfin, ceux qui ont un cerveaux, pas ceux qui prennent pour argent contant qu’un aveugle puisse sauter sept murs et courir en fugitif à travers champs sans se faire choper…

Le journaliste, donc, ne voudra pas les mêmes images qu’un autre pour illustrer son sujet, il aura des idées bien précise sur ce qu’il veut. Le hic, c’est que là, les deux journalistes, celui de la deux et celui de la trois, piocheront dans le même stock d’images… appauvrissement, vous dites ?

Et là, on ne parle plus de l’ancien président.

0503-DILEM-A.jpgA la direction on nous dit que non, que jamais les rédacs  ne fusionneront… ce qui est en cours entre France24 et RFI, d’ailleurs, je vous avais déjà parlé ici de cette affaire. Et pourquoi ne pas remplacer les journalistes par des robots ? Ce serait plus simple et ces fichus salariés en grève ne nous embêteraient plus !

Chez nos voisins Belges, petite déprime du côté des pigistes, chez les Canadiens, on se bat et on gagne le droit de ne pas faire d’allégeance au pouvoir en place (youpi !), en Argentine on bouge aussi, tandis qu’à Madagascar le plumitif est en prison, sans passer par la case départ et se mettre les 20000 dans la poche.

En fait, notre métier, il est malade. Docteur, un diagnostic ?

 

mardi, 01 mai 2012

Journalistes ?


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Je suis aussi dépitée que ce pauvre Marc Vasseur.

Non, pas dépitée. Enervée, en fait. Et il y a de quoi. Personne, ou quasi, ne reprends les infos de Médiapart sur le financement de la campagne de Sarkozy en 2007, lors es dernières présidentielles. Personne n’ose même poser la question. Dans Libé, on s’attarde frileusement sur les menaces de mort reçues par Fabrice Arfi, à lire bien entendu, on évoque le fait que Médiapart ait sorti l’info… mais rien de plus.

Personne ne creuse ni ne vérifie ?

Les journalistes des grands médias sont réduits au rôle de témoins, de figurants, de pantins de cons ?). Oui, puisque c’est quelqu’un d’autre qui tient les ficelles dans une main et le porte-monnaie dans une autre. Ce ne sont pas les journalistes qui décident du contenu des pages. Ils proposent leurs articles et le rédac chef prend ou non. Ensuite, encore au-dessus, tout là-haut là-haut, se trouve le Dr No du média en question, c’est le propriétaire. Ils peuvent être plusieurs, souvent, et amis du président élu en 2007, parfois.

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Que peuvent faire les journalistes
qui ont du mal à exercer leur métier ?

Auxiliaires de police sur les manif ? Partir à l’étranger, genre en Syrie, là où on fait les mêmes menaces qu’aux collègues de Médiapart ? Aller chercher le buzz, la petite phrase ? Se déniaiser et enfin ouvrir les yeux ?

Simplement regarder notre profession, déjà malade, mourir à petit feu d’immobilisme, en se moquant des différences, de ceux qui font leur boulot, de ceux qui se font espionner ou cambrioler, de ceux qui ne seront jamais invités à diner au Cercle. Et pour cause.

Parce que nous ne ferons rien de plus. Et encore une fois, o nous raillera. Quelques-uns se draperont dans leur hautaine indifférence, d’autres subiront. Encore.

jeudi, 23 février 2012

Témoignage depuis Homs

On parle pas mal de Syrie cette semaine... Oui, faudrait qu'on papote Italie aussi... Mais en attendant, un message de la courageuse journaliste du Figaro, actuellement coincée à Homs après le pilonage du centre de presse de la ville. Blessée au fémur, elle doit subir une opération chirurgicale impossile sur place

 

 

et pour ce faire nue idée de ce que ça donne à Homs, une autre vidéo. Désastre humanitaire : manque d'électricité mais aussi et surtout de nourriture, en témoigne la file s'attente assez impressionnante devant le seul dépot de pain de la zone.

dimanche, 29 janvier 2012

Au revoir, La Tribune

La Tribune(2).jpg

Le journal économique La Tribune publira demain son dernier numéro papier.

La Tribune, ce n'est pas France Soir, c'est un journal qui manquera vraiment en kiosque ave des infos de qualité, même si on ne kiffe pas vraiment l'économie, on ne peut pas dire le contraire. Et ce sont des journalistes rigoureux qui se retrouvent aujourd'hui au chômage.

Je pense aujourd'hui à Jacques Rosselin, croisé plusieurs fois, qui m'avait fait un peu piger pour le journal, ainsi qu'aux collègues du secteur international avec qui j'avais traité par téléphone dans ces moments là...

Même si La Tribune sera toujours disponible sur Internet, c'est bel et bien un journal qui disparait.

mardi, 27 décembre 2011

Du blogueur et du CLP

Les blogueurs deviennent-il aux médias en ligne ce que les correspondants locaux sont à la PQR ?

La question était posée au détour d’un twitt par Erwann et je pense que la réponse ne peut pas être résumée en140 caractères. Trop court, jeune homme.

Alons-y, donc, pour un billet.

Le blogueur produit du contenu

Qu’il s’agisse d’histoire vivante, de point de vue, d’opinion politique, de regard décalé sur l’actualité, etc… le blogueur apporte du contenu. Aussi intéressant soit-il, cela reste du remplissage.

La publication de ses billets dans un média en ligne attire le lecteur sur le blog du bonhomme, sale et imbécile rétribution, puisque sa rémunération devrait se faire en droits d’auteur puisqu’ils le sont, auteurs. Et parfois de très bons auteurs ! drôles ou intelligents, ou témoins d’un monde en mutation, capables de faire passer des idées de manière astucieuse.

Alors peut-être, transporté par leur égo, les blogueurs n’ont pas su gérer les premières demandes de billets, trop content d’être sélectionnés par tel ou tel média.

Le correspondant fait de l’info

J’ai travaillé plusieurs années en PQR, j’ai même été CLP au tout début-début-début-qu’il-est-loin, et j’en ai croisé tout plein.Dans les rédacs, le CLP, on l’aime bien. Souvent un papy, qui cadre mal ses photos et écrit des papiers sur la fête du bled où ils vivent.

Il a une réelle valeur ajoutée pour le média pour lequel il travaille puisque, le jour de la semaine où ses papiers sont dans le journal, le canard se vend bien dans son village et aux alentours. La loi de proximité la presse locale en vit. Parlez-moi de moi, de mes préoccupations, de ma rue, de mon quartier, de mon conseil municipal, et je vous lirai.

A l’inverse du blogueur, donc, c’est le correspondant qui apporte du lectorat au média alors que le contenu est, dans le meilleur des cas, assez basique, la plupart du temps assez médiocre et plus ou moins rewrité par les rédacs.

Le CLP, lui, est payé

Attention, entendons-nous bien, le correspondant touche une misère et au lance pierres alors qu’il se tape des conseils municipaux ou d’agglo jusqu’à pas d’heure, des rencontres sportives le week-end sous la pluie, etc. En gros, il fait le travail que personne ne veut faire et il est ue vraie personne relais dans son village, dans sa zone de couverture.

Alors non, CLP et blogueur, ne font pas le même boulot. Quand les premiers produisent de l’info relative à une minuscule zone avec leurs tout petits moyens, les seconds produisent du contenu pour se faire plaisir, mais avec brio.

mardi, 25 octobre 2011

Inside #TnElec épisode 1

_DSC1809.JPGJim me posait la question, à vrai dire impossible, mis à part via quelques twitts par ci par là, de vous parler de ces élections tunisiennes…. Par manque de temps surtout… dimanche, debout à 5H30 pour aller sur le terrain à l’ouverture d’un bureau de vote, joie bien entendu de voir autant de monde, des gens pressés d’aller voter, prêts à faire la queue des heures parce que « si on vient dans l’après midi, on a peur de ne pas pouvoir voter… »

Ensuite, direction le bureau de presse, une fourmilière où l’on n'apprend pas grand-chose. Les confs de presse, jamais à l’heure et où des « journalistes » s’écoutent parler au lieu de poser des questions. Dans le rush, on attend tous des chiffres, des taux, des décisions, en gros des infos fixes et rassurantes qui ne viennent pas alors on se contente d’attendre, de pas trop le dire, de trouver des angles intéressants.

Bureau de vote, fermeture, le temps de boire un coup avec une poignée de copains juste avant. Seule pose de la journée. Des caméras, beaucoup de caméras, des listes d’émargement quasi pleines, des gens, des signatures, de l’espoir.

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Passer de nouveau par des bureaux, faire des interviews, attendre chez Ennahdha toute la soirée jusqu’à très tard dans la nuit, tôt le lendemain matin en fait. Faudra que je vous parle de leur politique de comm un de ces derniers jours. Assez impressionnante machine.

Et hier ? hier on a couru…. Mais je vous en parlerai un autre jour parce que là, je vais aller m’enquérir des irrégularités qui entoureraient le vote du côté de chez les observateurs européens.

Et si tu veux lire quelquechose, c’est jeudi dans 20minutes, au passage.

jeudi, 20 octobre 2011

Les islamistes sont partout !

Oui, madame, partout !

Cédons à la panique, les élections arrivent et les islamistes sont partout !

Partout, je vous dis !

Non, pas dans ma rue,

Pas sur Bourguiba

Pa sur le chemin entre les deux…

Ben pourtant… on nous le dit ! Ils sont nombreux, ils sont forts et ils sont partout ! Attention, cache le jambon, voile tes filles, ils sont en bas de chez toi !

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jeudi, 06 octobre 2011

Elections, tiens bon !

A une quinzaine de jours des élections, ça commence à attaquer sévère sur le pan boulot. On court un peu tous partout pour faire tout plein de sujets et je me demande comment nous allons faire pour tenir le rythme jusqu’à l’échéance électorale.

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jeudi, 01 septembre 2011

journalistes !

Dans ce merveilleux pays qu’est la France, vivent de sympathiques journalistes. Et dans ce sympathique endroit le gentil gouvernement et des députés bien choupinous ont décidé de rendre encore plus sexy la profession pour qu’au final, elle ressemble au monde de Jean-Pierre après la cueillette des champignons.

 
Pernaut au pays des merveilles par bastienh 

C’est beau, hein ?

pfette.jpgEnsemble, tout est possible, même de nous la mettre, nous journalistes, ni vu ni connu pendant l’été.  D’abord, le merveilleux village des schtroumpfs ! oui ! nous pourrons courir gaiement dans la prairie et travailler comme des marxistes tous ensemble au village. Bon en même temps, je m’en fiche, je suis la schtroumpfette alors j’en fiche pas une. Mais quand même. Ils ont eu l’idée de nous pondre un conseil de déontologie des journalistes (comme s’il n’y avait pas déjà assez de clubs de la presse, d’associations françaises et européennes…) Mieux ! On aura même un code de déontologie.

C’est étrange… Comme si on était une profession sans convention collective, sans commission dont les membres sont élus et qui attribuent les cartes de presse, sans syndicats

Comme si on n’avait pas non plus une charte des droits et des devoirs des journalistes !

Allez, comme je suis sympa, je te balance cette jolie proposition de loi.

 journalistes  

Mais non, nous sommes dans le monde merveilleux, j’oubliais ! Règlementons, créons, surveillons ! là, c’est tout de suite plus sympa ! Il s’agira donc d’une commission de gens choisis qui proposeront un code de déontologie qui sera ensuite visé par l’Etat… ben attends, sinon ce n’est pas drôle !

Aors avant de parler de journalisme augmenté, peut-être serait-il temps de sauver nos métiers, non ?

mardi, 02 août 2011

De Tunis

_DSC1395.JPGIl se passe plein de trucs dans ce pays, au point que je n’ai même pas le temps de vous toucher un mot sur mon quotidien, alors je vais le faire vite via quelques infos non argumentées mais c’est toujours ça de pris, hein ?

- Déjà, les Tunisiens sont très sympas, toujours prêts à rendre service et tout et tout.

- Pour monter dans un bus, par contre, c’est la folie furieuse ! Ils poussent les vieux, les gens avec des bébés dans les bras, et même s’ils ont leur ticket, s’ils savent qu’ils auront une plage, ils ont cet étrange comportement de s’imposer par la force physique pour rentrer dans leur bus. Je n’ai pas vraiment compris pourquoi.

- J’ai envie de bouger, aller voir ce qu’il se passe dans le ventre du pays, dans le sud aussi, à la frontière avec la Lybie, aller discuter avec les gens, voir comment ils vivent loin de la facilité à se connecter à Internet que l’on peut avoir à Tunis. Ça viendra.

- J’ai tendance à voir des idées de sujets à tous les coins de rue, c’est génial, ça fait plaisir, mais en même temps, c’est frustrant parce que je ne peux les réaliser toutes. Ça viendra !

- J’ai des colocs géniaux, deux gars adorables, avec qui ne passe que très peu de temps puisque je suis toujours dehors, soit en reportage, soit en soirée.

- On fait plein de trucs sur fhimt, comme des (très belles) frises, des photos avec du son dedans, des articles sérieux, des articles encore plus sérieux de gens qui vivent ailleurs.

- Les moustiques me kiffent grave.

- Les Tunisiens mettent des épices et de la harrissa de partout, même sur les pizzas, même dans les sandwithes, ça arrache !

Sinon, il fait beau, c’est cool.