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dimanche, 20 mai 2012

Nouvelles Frontières, Syrie suite et fin

Et voilà !

Nouvelles Frontières, dont je te parlais vendredi, a fermé, en témoigne cette capture d'écran sur laquelle tu peux cliquer pour y voir plus clair.

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L'info avait été reprise en fin d'après midi vendredi dernier par Le Figaro, ceci expliquant peut-être cela... En tout cas, après 15 mois de guerre civile, il était temps pour le voyagiste de retirer cette destination de son catalogue en ligne.

vendredi, 18 mai 2012

Nouvelles Frontières propose des circuits en Syrie

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Aujourd'hui, c'est mon anniversaire ! Et tiens toi bien, lecteur, j'ai trouvé ce que je veux comme cadeau : une semaine de vacances en Syrie ! Si, si, c'est possible, ma bonne dame ! On part ensemble ?

Nouvelles Frontières propose toujours des circuits découverte en Syrie. Pour info, des fois que tu vivrais sur Mars, ce pays est en guerre civile depuis plus d'un an. Nouvelles Frontières t'y propose un circuit magique : 9 jours, 7 nuits, pour la coquette somme de 1399 euros... ça fait un peu cher du cadavre.

Au programme : Damas, terre de récents feux d'artifices, Palmyre sans ses trésors puisque pillés ou cassés, nouveau feu d'artifice à Alep (oui avec 1300 euros par tête de couillon de budget, tu peux faire plein de trucs en Syrie) et hapening sympathiques dans les rues avec arrestation d'étudiants devant leur université. Au programme aussi, Hama, bien entendu, ses norias et sa citadelle... ah non, on me souffle dans l'oreillette qu'elle n'existe plus puisque pilonnée par l'armée. Pas d'inquiétude pour la suite du voyage, le tabassage en règle de chrétiens est toujurs prévu à Maaloula.

Petite recommandation, n'oublie pas votre smecta, puisque qqch me dit qu'en cas de tourista, les médecins locaux ont mieux à faire, du moins s'ils sont en vie. Enfin visiblement, mais ça reste à prouver.

Bonjour Monsieur Nouvelles Frontières... Si la présence de ce circuit sur votre site est une blague, sachez qu'elle est de très mauvais goût S'il s'agit de négligeance, sachez qu'elle est impardonnable. Si vous continuez à vendre des séjours touristiques en Syrie et de vous faire du fric alors que des gens meurent tous les jours dans ce pays, sachez que vous ne méritez que mépris et crachats.

A rappeler aussi DES DEPARTS sont prévus et confirmés, notament un en juin (voilà pour mon anniversaire, j'ai raté celui su 6 mai, fuck !) et un en juillet. Alors, qui vient avec moi ?

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En fait, pour mon anniversaire, je vais inviter des copains à boire un coup dans le jardin. Ca sera plus sympa. 

Bisous à Robin qui a fait tourner l'info.

*****Edit à 11h*****

Robin, le copain Belge, a appelé Nouvelles Frontières. Il ne serait pas possible d'acheter en ligne ce voyage en Syrie, le site n'a tout simplement pas été mis à jour. Après un an de guerre civile... On lui a assuré que les catalogues 2012 papier ne cotenaient plus ce voyage. J'ai épluché chacun des quatre catalogues que l'on trouve ici et effectivement, la Syrie ne s'y trouve pas.

jeudi, 05 avril 2012

Avenir de la Syrie ? Quatre points de vue

mardi, comme tu pouvais le lire ici, j’étais invitée par Amnesty Jeunes, à parler de l’action du groupe Telecomix auprès des Syriens durant la révolution, dans le cadre d’une conférence sur l’avenir de la Syrie. J’étais entourée d’une activiste Syrienne nouvellement arrivée en France, du rédacteur en chef des pages concernant le monde arabe dans le diplo et d’un membre de l’association Souria Horeia.

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mardi, 03 avril 2012

Quel avenir pour la Syrie ?

Ce soir, on pare avenir de la Syrie dans un café Parisien à l'appel d'Amnesty International.... Et en plus ça ne finit pas tard, donc tu n'as aucune mauvaise raison de ne pas venir. D'aurant plus que quelques paires d'yeux et d'oreilles sympathiques et amicales sont les bienvenues !

Plus d'infos ici https://www.facebook.com/events/153695334753625/

Puis peut-être, même, que je vais me coiffer... ce qui crée déjà un micro événement (troll inside...)

 Et non, il ne sera pas question de complot international contre Bachar El Assad, souteu par une poignée d'occidentaux intéressés. Ce lien pourrait être hypr drôle s'il n'était pas question de gens qui meurent tous les jours.

jeudi, 15 mars 2012

Syrie, je me souviens

RSF dévoile la liste des pays ennemis d’Internet. Parmi eux, bien entendu, la Syrie.

Voilà un an aujourd’hui que la révolution a commencé. Voilà un an que des gens battent le pavé, le regard tourné vers l’avenir à défaut de regarder en l’air en direction des snipers. Il y a un an, la révolution Egyptienne venait de se terminer. Il y avait encore des gens sur Tahrir, des prières massives le vendredi, on parlait de changer la constitution et l’armée était encore la grande amie du peuple.

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Il y a un an, je me souviens de cette vidéo lancée sur twitter par Steven Jambot qui cherchait une traduction. On y voyait une poignée de Syriens manifester en chantant « Al Jazeera Wahdek Wahdek, Al Jazeera Wahdek Wahdek… » Al Jazeera, on est tout seuls. Etrange période. Les caméras avaient quitté la Tunisie pour l’Egypte et elles y étaient restées. Le printemps Cairote se faisait appeler lenteur et on commençait à regarder vers le Yemen. Des bombes, des manifs, des images, des envies d’ailleurs.

Puis cette vidéo

graff-pas-un-jeu-d-enfants-mais-une-arme-de-Revolution.JPGConnexion 3G Egyptienne, Etisalat, chargement tout ce qu’il y a de plus lent, mais je voulais en savoir plus. J’ai alors commencé à regarder les sites de partage de vidéos. Plus je creusais, plus j’y voyais la révolte, la répression et l’incompréhension.

Envie d’aller voir de plus près. Et tant pis pour les caméras, j’arriverai la première.

Il y a un an tout pile, je ne savais pas ce que je trouverais en Syrie. Je ne savais même pas si j’allais y entrer. Je me souviens du parcours du combattant, du visa refusé au Caire. Je me souviens de cette manif devant l’ambassade de Syrie à Dokki, de la poignée de gros bras moustachus moukhabarats qui zyeutaient tout ça, de la cave dans laquelle se trouvait le bureau des visas.

Et puis ces vidéos, toujours…

Et personne qui ne savait ce qu’il se passait en Syrie.

Alors j'ai pris l’avion direction Beyrouth, le temps de voir mes amis et de tenter une nouvelle fois d’obtenir mon visa à l’ambassade Syrienne de Beyrouth. Scan des sacs à l’entrée, petit couloir, grand bureau vitré. Une femme m’interroge. Finalement, Il faut revenir lundi… Quelques jours d’oisiveté dans la capitale libanaise à défaut de prendre la route pour Damas ?

Pas question.

Je me souviens que personne ne parlait encore des manifs du vendredi. C’est ce petit canard  qu’est L’Orient le jour qui m’a appris, un matin libanais lors que je prenais le soleil avec Ans, que de grosses Manifestations se tenaient le vendredi à Damas.

Le lendemain, j’ai pris un service direction la frontière. On verra bien du côté de la douane terrestre. Je me souviens de Georges, rieur, me disant que mon assiette serait sur la table le soir même. Je me souviens des petits sandwitchs préparés par Ans. Pour la route.

Je me souviens du change en pleine montagne dans la vallée de la Bekka, du service plein de bonhommes qui me demandaient ce que j’allais y faire, de mes sourires de grande voyageuse qui leur raconte qu’elle fait du stop dans le monde arabe.

Puis la frontière

Des militaires à la sortie du Liban, de la difficile obtention du visa. Puis ce check point non prévu, comme tout le reste d’ailleurs, où ils vidaient les valises des gens pour contrôler. Petit coup de peur, adrénaline, et le matériel caché dans le sac à dos multicolore. Je me souviens la joie sur cette route qui descend en direction de Damas, les paysages lunaire. Un sourire jusqu’aux oreilles qui sentait bon l’aventure.

Welcome to Syria.

C’était il y a un an, je devenais reporter sans trop savoir ce que cela impliquait ni comment me protéger. C’était il y a un an et personne ne se doutait alors que tant de morts tomberaient en s’opposant à la folie de Bachar.

Torture, bombardements, barbarie. Et au milieu de tout ça, des amis.

Nous sommes le 15 mars, la Syrie souffre et crève depuis un an. Triste anniversaire.

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vendredi, 02 mars 2012

Syrie, don't feed the troll

Lecteur, il est rare que je te balance quelques liens à la volée, presque sans filet, histoire que tu te cultives un peu… Non, ici, on abrutit, on laisse du temps de cerveau libre aux boissons gazeuses. Mais ça, c’est juste parce qu’on est sympa.

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mercredi, 29 février 2012

Rémi Ochlik, un enfant de 1983

Parmi tous les morts en Syrie, ce qu’on ne compte plus parce qu’on n’y arrive pas, se trouve Rémi Ochlik, photographe français.

A peine quelques lignes, quelques brèves, une info rapidement donnée à la télévision pour parler de son décès et de celui de Marie Colvin, morte dans la même attaque de l’armée à Homs. D’après les dernières infos, ils auraient été repérés via leur téléphone satellite.

Pas de grande soirée pour Ochlik, comme cela avait été le cas sur France Télévision pour Gilles Jaquier. Pas de grands écarts diplomatiques non plus. Pourquoi ? Il y a donc deux poids deux mesures pour les journalistes de terrain ?

Un photographe est mort en Syrie, ça fait une brêve et on passe à autre chose.

Rémi Ochlik est né en 1983, la même année que moi.

A l’école, on avait les mêmes bouquins, avec La Liberté Guidant le Peuple pour illustrer le cours sur la révolution française. On a certainement fait les mêmes conneries au même âge, il a peut-être râlé en lisant quelques bouquins au programme, et je suis sûre que comme moi, il ne comprenait pas vraiment ce qu’il se passait quand le mur de Berlin est tombé… Nous étions trop jeunes. Sûre qu'il avait la même énergie la même foi en ce travail que nous faisons.

Il a peut-être, lui aussi, souri en voyant ces images de Basile Boli soulevant une coupe d’Europe, peut être emmené une fille voir Titanic quand on était ados, peut-être ouvert sa première boite mail sur caramail

Je ne l’ai pas connu, je ne l’a jamais croisé. Mais ce que je sais, c’est que Rémi Ochlik, ça aurait pu être un de mes potes à l’école, ça aurait pu être un de ces journalistes de passage dans les pays où j’ai vécu, et avec qui je bois des bières en parlant d’info, le soir sur une terrasse en plein air.

Ce que je sais, c’est que c’est un Français comme un autre, qui doit être rapatrié dans les mêmes conditions que Jaquier, qui doit faire l’objet des mêmes attentions, et surtout, que nous ne devons pas oublier.

vendredi, 24 février 2012

Au chevet des Syriens

La croix rouge commence ENFIN (il serait temps, hein… ) à se demander si ça ne serait pas une bonne chose d’aller en Syrie pour soigner les éclopés et aider les gens… Après presque un an (oui, dans un mois) de guerre civile et de boucherie. Mieux vaut tard que jamais, me direz-vous. C’est vrai, mais encore faudrait-il qu’il reste des gens à soigner.

Je viens de regarder ce petit docu, en anglais, que tu DOIS, lecteur, mater tant c'est affligeant. Il y a une vraie catastrophe humanitaire et le soutien technique ne suffit plus. Il faut des genns sur place : des éecins mais aussi de la nourriture.

 

Oui, c'est le même film qu'hier mais c'est au cas où tu ne l'aurais pas vu...

La situation est de pire en pire, je vous laisse écouter ce que raconte Okhin, du groupe Telecomix qui se bouge à son niveau. Il explique la situation syrienne de l’Internet et comment ils aident les révolutionnaires à faire sortir des informations et images du pays.

A écouter ici.

jeudi, 23 février 2012

Témoignage depuis Homs

On parle pas mal de Syrie cette semaine... Oui, faudrait qu'on papote Italie aussi... Mais en attendant, un message de la courageuse journaliste du Figaro, actuellement coincée à Homs après le pilonage du centre de presse de la ville. Blessée au fémur, elle doit subir une opération chirurgicale impossile sur place

 

 

et pour ce faire nue idée de ce que ça donne à Homs, une autre vidéo. Désastre humanitaire : manque d'électricité mais aussi et surtout de nourriture, en témoigne la file s'attente assez impressionnante devant le seul dépot de pain de la zone.

mercredi, 22 février 2012

Syrie, la mort du peuple

La Syrie vote ce week-end. Enfin, vote. Façon de parler si on s’en tient au discours officiel.

Ils seront donc 14 000 000 à se déplacer… ah ben non, il faut décompter les morts. Moins 4000 selon l’ONU qui se sent aujourd’hui dépassée par le comptage, moins 6000 selon l’Unicef.

A ces 14 millions, il faut aussi retirer le nombre de réfugiés qui ne se rendront pas non plus aux urnes, ils seraient 15 000, tout pareil que les prisonniers 15 000 aussi. Soit moins 30 000 personnes.

A ce chiffre, qui n’arrête pas de baisser, il faut aussi retirer les éclopés qui ne se déplaceront pas pour aller voter, les habitants de Palmyre, ville dont les chars de Bachar ont pris possession, ceux d'Homs qui a été rasée en quelques jours.

Il faut aussi retirer le nombre des disparus, celui des gens enterrés sous les décombres de leur maison, ceux qui auront peur de sortir dans la rue pour aller voter, les médecins qui seront occupés à autrechose, les militaires qui seront occupés à tuer, les gens qui se déplaceront en risquant de se faire choper

En gros oui, la Syrie va se rendre aux urnes, mais puisqu’ils ne seront qu’une quinzaine à pouvoir se déplacer, le scrutin sera organisé à Damas, entre l’heure de la prière et l’heure du repas, pas besoin de beaucoup plus de temps, et les mesures d Assad et ses copains seront adoptées à l’unanimité.

C’est beau la démocratie sans peuple.

 
La mort du peuple - Mickey 3d par musiclivesat