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mercredi, 30 novembre 2011

femmes journalistes

Il est rare que je ne sois pas d’accord avec Reporters Sans Frontières, mais c’est aujourd’hui le cas.


Quelle ne fut pas ma surprise en lisant le dernier communiqué de l'association sur Tahrir.

Non, il ne faut pas arrêter d’envoyer des femmes journalistes en Egypte.

Non, il ne faut pas céder stupidement à ces pressions. Il suffit simplement de mieux choisir qui on envoie sur place.

Si Lara Logan ou Caroline Sinz avaient été arabophones, elles auraient entendu les paroles autour d’elles, elles auraient compris ce qui se tramaient, elles auraient peut être pris la fuite à temps.

Si ces journalistes connaissaient les codes égyptiens, elles ne seraient jamais allées en plein milieu de la place Tahrir. On peut être sur la place sans être en plein centre, elle est assez grande.

Oui, ce sont des journalistes qui font certainement très bien le boulot. Et Oui, il faut les envoyer autant que faire se peut sur le terrain parce qu’elles sont compétentes… mais pas au Caire ! et l’erreur de casting n’a rien à voir avec le fait qu’elles soient femmes, encore moins avec le fait qu’elles soient blondes… mais avec le fait qu’elles ne sont pas arabophones.

Une nénette, aussi belle, blonde, et étrangère soit-elle aurait entendu ce qui se tramait, aurait pu prendre la fuite avant que le pire n’arrive.

Une nénette qui connait l’Egypte, le Moyen Orient, sa culture, ses modes de pensée, ne va pas en plein milieu de la place Tahrir. Tu sais que tu te fais insulter et que tu manques de te faire tripoter tous les dix mètres, pourquoi tenter le diable ?

On peut être sur Tahrir sans être en plein milieu du terre-plein central là où il sera forcément difficile de bouger. La journaliste aurait été un homme, il se serait fait dépouiller de son portefeuille, même chose ! S’il ne comprend pas l’arabe, impossible de savoir ce qu’il se trame autour de lui.

Il y a plein de jeunes issus de la diversité et parlant arabe dans les rédacs ! Pourquoi ne pas les envoyer sur le terrain ? Ils seraient capables de faire des interviews, capables de comprendre ce qu’il se passe autour d’eux sans avoir besoin de traducteur, comprendre quand ça sent mauvais et qu’il ne faut pas rester sur place…

Alors oui, il faut envoyer des femmes sur le terrain, et oui il faut envoyer des femmes sur les terrains sensibles.

Etant moi-même journaliste, passée par le Soudan, l’Egypte, la Syrie au début de sa révolution, entre autres, en freelance, en sac à dos. Passée par des épisodes assez costauds, que j’aurais peut-être pu éviter si j’avais été plus préparée, comme je le suis aujourd’hui, je refuse la différenciation de genre. Hommes ou femmes, nous sommes journalistes avant tout.

Commentaires

Voilà qui est très bien dit. Pas de féminisme, pas de culpabilisation ou de sectarisme, juste la vérité toute nue.

Faire faire un travail par quelqu'un de compétent. Et les compétences ne s'arrêtent pas au travail, mais aussi au lieu et au temps.

Ca pourrait s'appliquer au RH...

Merci Juju

Écrit par : Scoerpix | mercredi, 30 novembre 2011

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