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dimanche, 25 septembre 2011

Egypte, vous avez dit révolution ?

Robin Cornet m’a informé, via twitter, du fait qu’une journaliste française s’est vue refuser l’entrée en Egypte, au motif non avoué qu’elle dérangeait l’armée. Soit. On est tous un peu espions en Egypte.

Cette nénette, que je ne connais pas et dont je ne connais pas le travail, se retrouve exactement dans la même situation que le Gringo, en 2009. Un pauvre Américain, journaliste et blogueur, parti en vacances dans sa famille. De retour au Caire, même traitement !


democraty.gifBloqué à l’aéroport sans pouvoir rien faire d’autre que prendre l’avion dans l’autre sens… Laissant derrière lui appart, amis, affaires, etc… Il ne pourra même pas dire au revoir à ses amis. Ce sont des amis qui avaient sous-loué son appart, son histoire avait été reprise par reporters sans frontières. Il est bon, en ces temps de censure, de reprendre leur rapport de 2010 qui pointait du doigt les ennemis d'Internet.

L’avantage de cette journaliste, c’est qu’elle ne vit peut être pas sur place, comme le collègue qui bossait pour Libé quand j’étais à Damas et s’était retrouvé coincé à la frontière en Jordanie, impossible de retourner en Syrie alors qu’il avait des tonnes de visas et qu’arriver dans ce pays était une formalité.

Plus maintenant.

Parce qu’il a été identifié comme journaliste.

Ca sent la censure

Enfin pour l’Egypte, on était prévenus « Dans la soirée du 11 septembre, le Conseil suprême des forces armées a fait des déclarations inquiétantes, prévoyant de recourir à la loi d’urgence à l’encontre de tous les journalistes "menaçant la paix sociale » nous dit Reporters Sans Frontières dans un papier qui brosse très bien la situation qui nous fait penser qu'on va avoir chaud aux fesses.

A quelques semaines des élections dans un pays où l'armée donne une belle illusion de démocratie, les journalistes Egyptiens ou journalistes en Egypte, doivent donc serrer les fesses, comme avant, en fait, à l’époque où Moubarak gérait avec eux. On comprend mieux la prise de  position de l’armée un pays dans le pays, lors de la révolution, lorsqu’on sait que Gamal, contrairement à Sadate, Nasser et son père, étaient issus de l’armée.

Je ne fais que supposer mais c’est bien étrange tout ça, non ?

Surtout dans un pays où des journalistes se retrouvent devant un tribunal militaire il y a quelques semaines,  un blogueur a pris trois ans de prison devant un tribunal militaire il y a peu, où un autre blogueur est en train de mourir en prison, où un autre blogueur Libanais ne peut entrer…

Qui a parlé de révolution ?

Sinon on prend les paris que j'arrive à avoir un visa ?

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