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lundi, 23 mai 2011

#bistougate La faute au spectateur ?

Ça part dans tous les sens.

C’est ce que je me suis dit toute la semaine avec cette histoire de DSK. Dans quelle société vivons-nous ? alors on va au plus facile, on tape sur les journalistes à qui on repproche le flot de fausses infos.


La nana a un frère, puis n’en n’a finalement pas, les télés enquêtent sur son passé, dans son voisinage, la première dépêche avait été mal traduite, etc… vitesse, vitesse, toujours vitesse. C’est Cricri Barbier qui rappelait hier dans Médias le mag, je ne sais pas sur quelle chaîne, qu’il fallait à défaut de faire vite, faire vite en n’oubliant pas de sourcer ni de vérifier. Important.

On dirait parfois que certains ont oublié ce qu’est une info alors que c’est pourtant la base.

Toutes les chaînes, tous les sites, veulent avoir du nouveau tout le temps alors qu’on ne peut pas produire de l’info comme d’autres font le pain. L’info n’est pas multipliable de manière exponentielle, encore moins légère au point d’en faire tout et n’importe quoi.

Je reprends donc mon commentaire chez Melclalex que je trouve assez approprié à cette situation.

« Ça s'appelle un retour de manivelle !

Nous consommons de l'info à la seconde via le net et nous râlons quand il n'y a rien de neuf, il faut donc combler ce vide et cet appétit.

Donc on embauche des jeunes à qui on fait croire qu'être journaliste c'est faire du copier-coller de dépêches et de petites phrases et ça tourne ça tourne, ça tourne sur le web.

Il y a un emetteur mais le récepteur est aussi en faute. Il ouvre la bouche bêtement et surconsomme de la merde... alors pourquoi lui vendre du caviar, énormément plus cher à produire ? »

J’en suis la première attristée.

Mais le citoyen, consommateur d’information, a aussi sa (grande) part de responsabilité dans l’histoire. Et ce n’est pas toi, non, pendu à ton iPhone pour suivre les derniers rebondissements de l’affaire en live ou lire de drôles de billets qui s'y rapportent, qui me dira le contraire !

Loin de moi l'idée de vouloir dédouaner ces journalistes de pacotille qui font un salle boulot dans le rush et n'ont parfois pas d'autre choix.

Il serait temps que les gens comprennent que l'information n'est ni un spectacle, ni un match de foot. Une information se vérifie, se travaille se recoupe. Il faut accepter, de temps en temps, d'attendre. Et laisser les gens faire leur travail. Sinon cela ne pourra qu'empirer. Et vous ne pourrez pas dire que vous n'aurez pas été prévenu puisque ce sera de votre faute.

Commentaires

Élémentaire chère Watsonne.... C'est un métier!

Écrit par : Martinke | lundi, 23 mai 2011

Il faut savoir prendre son temps, aujourd'hui c'est la course au scoop et Twitter n'arrange pas les choses.

Écrit par : El Camino | lundi, 23 mai 2011

Je suis grandement d'accord avec ton message. Le soucis de "faire l'information" attendue par le client qui souhaite lui être à la pointe de l'info, oblige l'informateur à passer chaque bribe de ce qu'il apprend en utilisant le conditionnel, lequel conditionnel saute dès la deuxième ou troisième transmission.
Je n'oublie pas non plus la pression que mette les média sur certains acteurs en demandant, voire exigeant, des prises de position sur tel ou tel point alors que l'info n'est pas encore vérifiée. Après quoi on oblige celui qui parlé trop vite à revenir sur son propos initial ce qui le fait le fait passer pour un charlot.

Écrit par : Bernard FABREGUETTES | lundi, 23 mai 2011

@Camino : ce n'est pas non plus la faute de twitter, celle de l'utilisation qu'on en fait qui est problématique. Souviens toi au KDB le scotchage de certains à leur iphone... Cette dépendance est choisie.
@Bernard c'est le probleme : les commentaires et prises de positions, c'est parce qu'il n'y a pas d'info à donner. Alors plutot que de parler de la Syrie où du Soudan (et je dis pas ça parce que j'y étais, hein...) on crée du bruit autour d'un evenement franco-francais qui intéresse plus les mamsses.

Écrit par : Ju | lundi, 23 mai 2011

Nos sociétés sont devenues impatientes, sur les routes, dans les queues du supermarché, sur le net ... Il faut tout faire vite et tout avoir et tout savoir avant tout le monde, ce qui conduit à dire n'importe quoi parfois. Tout et son contraire auront été avancés dans cette histoire, les griffures notemment.
Et les gens de prendre parti et juger trop vite aussi, il faut attendre les résultats définitifs d'enquête et le jugement ! Ce qui n'exclue pas d'avoir une opinion et une intime conviction on est d'accord.
Oui, tout le monde peut se prétendre journaliste de nos jours, mais beaucoup ne sont que des passe-plats dont certains sont avariés ou au goût trompeur ...
Cette affaire est diffocile car de nombreux éléments, ceux-ci confirmés, se contredisent (femme d'un mètre 80, elle ne savait pas qui était dans la suite, forcée à faire une fellation... Bizarre) Mais en même temps (Strauss queutard avéré, soupçonné d'être pressant avec les femmes, sentiment d'impunité d'un maître du monde, pulsion d'un obsédé ...)
Tout est plausible, et cela est à même d'enflammer le débat contradictoire à la maison ou au boulot, et de pousser à rebondir parfois exagérément sur la plus petite avancée du dossier.
Patience et mesure nous devons appeler et de bon sens nous armer, et croire que la justice s'appliquera quelle que soit la vérité. Ergoter sur l'une ou l'autre partie je l'ai moi-même fait, mais c'était histoire de faire un bon mot, et dans ce cas j'ai taché de n'épargner aucune des parties : pas trop de sexisme latent, pas trop de féminisme revanchard.
Dans tout ça, j'aurais tendance à penser que la vérité se situe entre les deux versions, un attouchement au départ voulu qui aurait dégénéré, mais ce n'est qu'une hypothèse !
L'affaire cristallise autant les passions parce qu'elle réunit les ingrédients d'un cocktail détonnant : sexe, Amérique, pouvoir, viol, argent, ex futur président de la France, directeur du FMI qui a eu pouvoir de vie ou de mort financière presque sur plusieurs pays de l'Europe ...
Alors, complot ? Aubaine pour une black de dépouiller riche homme blanc ? Abus de plus de l'homme puissant et blanc sur la femme noire et modeste ? Dérapage odieux testostéroné ?
À vous la cour ...

Écrit par : artgoutlong | lundi, 23 mai 2011

c'est le media demand, on produit ce que les gens recherchent, les factories sont là pour émettre des contenus attendus et c'est une tendance lourde de la consommation médias.
Les drôles de billets ramènent de la visite, du Page Ranking et les cercles vertueux se mettent en place pour la monétisation. C'est le capitalisme sauvage de la gratuité des contenus. Les meilleurs survivront, tous les autres disparaîtront. Encore une fois, les hippies de la silicon valley, pétris de bouddhisme gurdjieffin ont produit la pire des jungles.

Écrit par : Disp | lundi, 23 mai 2011

L'offre, la demande. Le dealer, le junkie.

Écrit par : Romain Pigenel | mardi, 24 mai 2011

Oui Romain ! Et la #bistougate c'est comme avant un jour de l'an ou une full moon : tout le monde consomme à bloc et on te vend de la merde parce qu il y a pénurie.

Écrit par : Ju | mardi, 24 mai 2011

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