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jeudi, 10 mars 2011

Wikileaks

Il y a quelques mois, Wikileaks affolait la planète et, à bien plus petite échelle, ma twittosphère. Déjà qu’on a du mal à accéder à certaines vidéos en Egypte (non, je ne vais pas sur Youporn) alors aux câbles je te dis pas, lecteur…


A l’époque, on avait les fou-furieux totalement contre, les indécis, ceux qui se perdaient dans les méandres de leurs lectures, ceux qui apportaient des données intéressantes au débat, ceux qui rêvaient dune société toute transparente. Après tout ce temps, on s’aperçoit finalement, qu’à part une poignée de journalistes, blogueurs et politiques, Wikileaks n’intéresse guerre personne.

 

wikileaks-batman1.jpg

 

Entre ceux qui ne lisent pas l’anglais, ceux qui n’ont pas de longues heures à passer derrière un ordinateur… le cataclysme qu’on nous avait vendu presque aussi bien que googlewave fait bien rigoler aujourd’hui.

Rien n’a bougé

Pour sortir de l’info mainstream, ce n’est pas des simples cables qu’il faudrait mais des JOURNALISTES. Des gens qui vont sur le terrain, pas des gamins qui montent des images d’agence toute la journée, enfermés, loin de tout terrain et de toute vie sociale. Ce qu’il faudrait, ce sont des journalistes qui creusent, qui enquêtent, mais ça coûte cher. Pourtant, quel plaisir quand on voit ce que peut faire un Denis Robert !

Les patrons de presse, qui acceptent mal la critique,sont ceux qui sabordent eux-mêmes leurs médias en ruinant leur qualité sous couvert de contrainte économique.

Ce qu’il faudrait, c’est couper Internet et le téléphone dans les rédacs, ça éviterait à certains couillon d’avoir besoin de fixeurs dans certains quartiers de Paris.

Ce qu’il faudrait ce sont des journalistes, au sens propre du terme, au sens « normal » du terme, j’ai envie de dire. Et qu’on arrête d’apposer ce terme sur des gens qui font du copier-coller de depeches ou du montage de news pour des JT sur le cable.

Pas plus de médias, non, pas plus de câbles, pas non plus de remplissage même s’il est fait avec la meilleure volonté du monde.

Pourquoi je vous parlais de Wikileaks ?

wiki1.jpgAh oui, j’ai entendu parler de son fondateur à la TV que j’écoute plus que je ne la regarde, qui flippe à propos d’une possible extradition qui pourrait se terminer par une autre extradition vers les USA, direction le couloir de la mort pour avoir trahi des secrets d’Etat… On est bien loin des histoires de fesses qui lui sont reprochées.

Ils ont où, les grands blogueurs qui nous vendaient du rêve il y a quelques mois ? Qui est là, aujourd’hui, pour défendre ce pauvre gars ?

Loin, ils sont passé à autre chose. L’heure est aux révolutions arabes à facebook et twitter, bien loin des câbles wikileaks et en même temps, c’est normal parce qu’on en parle à la télé. Continuons de suivre les modes et consommer de la news en accord avec les pseudos leaders de pensée puisqu’il n’y a presque plus de journalistes pour suivre les dossiers.

Allez au cinéma et dormez tranquiles.

Commentaires

Merveilleux billet que tout cela.

C'est vrai que le truc du siècle semble faire long feu.
J'avais été voir le site, et effectivement tout ce bazar technique en anglais concocté par je-ne-sais-qui au courant de je-ne-sais-quoi, s'il nous faisait son effet James Bond, ne semblait pas trop faire autre chose (à part peut-être l'effet "je suis au centre du complot et la vérité sur le trouble de ce monde me saute aux yeux").
Parfaitement d'accord avec toi.

Écrit par : MHPA | jeudi, 10 mars 2011

Après, c'est certainement un bon outil, mais pas accessible.
D'autre part, tu as l'image du journaliste français aujourd'hui c'est Barbier ou d'autres bonhommes qui parlent à la TV alors que bon, c'est pas du tout ça, un journaliste.

Écrit par : Ju | jeudi, 10 mars 2011

Tu ne confonds pas simple journaliste et reporter ? Ce dernier va sur le terrain en effet.
Wikileaks pas suivi je ne lis pas l'anglais hèlas. Il semble que tu dénonces les sites d'infos et la TV qui font les passe plats, on y apprend des vérités, mais il est utile de recouper avec la radio, l'écrit, les dicussions sur les blogs, les forums et en VRAI . Et faire marcher son cerveau c'est vrai.
L'info est éphémère et volatile, tu le soulignes, c'est la génération girouette zapping. Qui parle de l'Égypte encore, sinon toi ? Merci de continuer, on te suit !

Écrit par : artgoutlong | jeudi, 10 mars 2011

le journaliste va sur le terrain, c'est le propre de son métier, que ca soit en presse régionale, locale, nationale...

Écrit par : Ju | jeudi, 10 mars 2011

J'adhère !
Le terrain est une drogue pour qui y a déjà goûté.
Malheureusement, dans de nombreuses rédactions, notamment dans les chaines d'infos en continu, on demande aux jeunes journalistes de ranger leur cerveau au vestiaire. Vive les images et dépêches d'agences qu'il faudra alors compiler sans bouger son cul de sa chaise ni même passer un coup de fil...
C'est triste.

Écrit par : taf-taf | jeudi, 10 mars 2011

Oui, le souffle est retombé, Assange déjà passé de mode. Il y aura certainement d'autres Wikileaks à l'avenir. Mais quel que soit le point de vue que l'on puisse avoir sur ce phénomène, c'est un appel à la responsabilité du journaliste qui s'exprime invariablement.
Les pro-Wikileaks le soutiennent car c'est ce manque de travail journalistique qu'il ressentent. Les anti-Wikileaks dénoncent la brutalité de la méthode et font confiance au travail de la presse d'investigation. Les indécis, nombreux, voient en l'avènement de ce type de "média" une fatalité. Nos sociétés, devenues plus exigeantes en terme de transparence, ont besoin que leurs journalistes fassent ce boulot de vérité et de décryptage. S'ils faillissent, les Wikileaks fleurissent.

Écrit par : Florian | dimanche, 13 mars 2011

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