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samedi, 29 janvier 2011

Soudan, une partition inévitable

La sécession est en route au Soudan, après un vote dont le résultat fait office de secret de polichinelle. Même si la réaction du président Béchir, aujourd'hui assez diplomate pourrait changer la donne en terme d'entente de bon voisinage.


Le 25 janvier dernier, les premières estimations annonçaient plus de 98% de votes favorable à la création de l’état du Sud-Soudan. Ce chiffre est basé sur les résultats du dépouillement qui prend de trois semaines à un mois. Ce pays devrait donc devenir le 193e état reconnu par l’ONU, six mois après l’annonce officielle des résultats prévue le 14 février.

Un dénouement, que le SPLM, parti politique issu de L'Armée populaire de libération du Soudan, favorable à la sécession, accueille avec joie. Député, secrétaire général du parti sur le Nord-Soudan et candidat malheureux aux dernières élections présidentielles, Yassir Arman accueille la nouvelle un brin taciturne « Nous félicitons les gens qui vivent au Sud et exercent leur droit à l’autodétermination. Nous devons discuter pour créer une nouvelle relation entre nos deux états. » Et de rappeler que le parti restera présent sur le Nord.

La diaspora, favorable à la partition

De son côté, le président soudanais Omar el Béchir, réagissait avec diplomatie en déclarant le même jour à Reuters : « La sécession est devenue une réalité, 99 % des sudistes l’ont choisie mais nous ne serons pas tristes... Nous irons dans le sud et fêteront l’événement avec eux, »

Et ils seront nombreux à le fêter puisque la décision fait l’unanimité jusque dans la diaspora. Le oui l’emporterait largement dans les pays frontaliers de la zone sud tels que l’Ouganda où 96,1 % des 11 767 votants se prononcent en sa faveur, ou le Kenya (99,7% des 14 712 votants). En Egypte, 97,7% des 3 162 votants ont aussi opté pour la sécession à l’instar de 99,1 % des 8 412 votants d’Amérique et 98,8% des 9 050 votants d’Australie.

Le peuple sud-soudanais a donc rendez-vous avec l’histoire et doit tout créer de la détermination des frontières à la rédaction d’une constitution déjà en cours : « Nous voulons une stratégie entre le Nord et le Sud, rappelle Yassir Arman. Le Nord ne doit pas être le nord de l’Afghanistan, le Sud ne dois as être le sud du Brésil. » Béchir, diplomatie oblige, se place sur le même créneau « Nous allons soutenir le nouvel état du sud et l’aider à gagner la stabilité puisque nous sommes voisins et allons devenir amis. »

Diversité, divorce et inquiétudes

Le Soudan reste le plus grand pays africain et compte près de 570 tribus et 130 dialectes, ce qui ne facilite déjà pas le dialogue interculturel. Mais la vraie séparation reste religieuse, la partie sud étant essentiellement peuplée de chrétiens, le nord étant musulman. Et Yassir Armad, musulman laïque, de rappeler que les populations sudistes souffrent de cette distinction religieuse, reprise au niveau administratif : « Les gens sont en colère contre le congrès, la ségrégation est importante alors qu’il s’agit d’un pays fait de la diversité. »

Et de préciser : « A Khartoum, les Sudistes sont victimes de discriminations religieuses de la part des autorités, ils ne vivent pas dans de bonnes conditions. Plus d’un million d’entre eux vivent à Khartoum, mais ils ne sont pas tous enregistrés. Certains sont inquiets. »

L’inquiétude c’est aussi ce semble ressentir le voisin Tchadien. En effet, le président Idriss Déby dont les propos sur la chaîne France 24 ont été repris par l’AFP ne voit pas la partition d’un très bon œil : « Quand il y a des problèmes chez nos voisins (…) il n’est pas exclu que les conséquences nous touchent directement. On a déjà l’expérience de la crise au Darfour. »

Qu’il s’agisse du SPLM ou de la présidence, les deux entités évoquent l’idée de travailler ensemble entre bon voisinage et bonne gouvernance. Aux sud-Soudanais, donc de saisir l’opportunité de la création de leur nouvel état et de prouver au monde qu’ils auront les épaules pour gérer les questions pétrolières et humanitaires qui arriveront bien vite à leur porte. 

Pour info, j'ai du retailler ce papier qui est passé de 3800 à 2000 signes un jour de bouclage et ajouté l'info sur la possible participation du Sud Soudan à la cour pénale internationale. L'article final, vous pourre le lire dans Afrique Magazine à venir.

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