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dimanche, 17 octobre 2010

le jour de grève

La grève, c'est bien,

Manifester pour nos retraites, contre le fait que de pauvres ouvriers aient à payer pour la solidarité alors que le bouclier fiscal est toujours en place, c'est bien....

C'est ce que je me suis égosillée à répéter à mon retour en France.

Oui, nous nous étions quittés dans l'aéroport d'Orly que j'avais eu quelques soucis à relier à CDG. Une fois à Orly, nous nous sommes retrouvés bloqués par une grève du personnel au sol. Oui, madame ! Les gens arrivaient pour leurs avions, petit à petit, se posaient au bar avec un sandwich, un jus, attendaient gaiement en râlant parfois parce que oui, on est en France et qu'un Français, il râle.

Nous voilà donc bien partis, sans savoir à quelle heure nous pourrons nous envoler, le temps passe et els esprits commencent à s'échauffer alors que de nouvelles personnes affluent de plus en plus vers notre salle d'embarquement. On se retrouve à l'étroit, bien proches de jolis garçons qui vont à Biarritz. Non, ce n'est pas sans me déplaire, c'est rai.

La désinformation va bon train.

Tout le monde s'énerve peu à peu et Air France nous balance au coup par coup des messages d'hôtesses dépassées qui non, ne peuvent pas nous donner d'information et ne savent pas non plus lorsque l'on partira.

Une vieille dame à la retraite propose de « donner des coups de bâton » aux gréviste, un quadra qui bosse chez total a donné une grande conférence sur le fait que les grévistes maintiennent parfois leurs grèves juste pour que le paiement des jours non travaillés soient inscrit dans les accords, d'autres comptent les jours jusqu'à l'absence de kérosène, genre psychose de l'après pétrole (faudra bien que ça arrive un jour, quand même)... pendant qu'on nous sert la même soupe de non information, non ne savons toujours pas quand nous partons, non nous n'auront pas d'autres informations.

Je manque de m'endormir assise sur le sol, partie à une heure du matin du Caire ça commence à faire long. Je suis franchement fatiguée mais les propos débiles que j'entends par ci par là me dépriment.

Je commence à prendre la défense des grévistes, tout d'abord en tète à tête avec des gens, puis à voix haute. On me regarde comme si j'étais une extraterrestre. Le Vol de Lyon puis celui de Bastia, partent avec du retard. Vient le tour de celui de Biarritz. Et moi qui était si contente d'être prise en otage avec les beaux gosses, fini ! ils embarquent... l'hôtesse lance les derniers appels, monsieur truc, monsieur bip monsieur Bixente Lizarazu, monsieur machin, monsieur...

???

Nous regardons tous autour de nous avec stupéfaction... Bon, sauf moi, je regarde les deux belles gueules qui embarquent. L'hôtesse relance son appel en direction du groupe des manquants, et non, le footballeur ne traversera pas la salle pleine à craquer.

Je reprends mon prosélytisme anti-anti-grève sauf que cette fois, ils pensent tous que l'hôtesse est plus tarée que moi, je monte un peu dans la hiérarchie.

On se bat pour des sandwiches, 'est la folie. Parce que non, Air France n'offre ni bouteille d'eau ni plateau repas pour les usagers de sa compagnie et c'est de là que vient le ras le bol, pas de la grève. C'est parce qu'on nous laisse sans info, sans nourriture, sans boisson que les esprits s'échauffent. C'est l'incapacité d'Air France à gérer la situation et les masses qui nous rend tous à :moitié mongolien, voire violents dans nos propos.

L'ambiance devient invivable, nous finissons par embarquer avec quelques heures de retard.

Alors oui, j'ai été « prise en otage » comme on vous dirait sur TF1 mais j'étais contente de l'être, contente de voir que là, dehors, en bas sur le tarmac, des gens se bougent pour l'avenir, pour notre avenir, pour celui de notre société, pour une certaine idée de la France, même avec des valeurs, qui pousse dans le bon sens, avec des acquis gagnés difficilement.

Non, on n'a pas le droit de remettre en question l'histoire.

Le seul hic que je reproche aux manifestants est de ne pas aller chercher les salarié du privé. Il est question de leur retraite aussi, question de leur avenir, question de leur quotidien, question de remise en question de leur côté aussi. Cela permettrait de ne plus avoir deux France, celle qui râle dans les aéroports et celle qui débraient dehors, celle qui est prise en otage au moment d'aller bosser et celle qui bloque les raffineries, celle du privé, et celle du public.

Non.

Ce qu'il faut, c'est aller convaincre les salariés du privé que cette affaire les concerne aussi et que oui, ça serait bien qu'ils se rajoutent au mouvement, de quoi faire bouger les choses et bloquer une fois pour toute ce pays.

Commentaires

Si, Si le privé est dans la place :

http://blog.thephase3.fr/2010/10/ce-fut-une-belle-omelette.html

Écrit par : phase3 | lundi, 18 octobre 2010

pour info, dans la rue il y a déjà des gens du privé qui manifestent et qui font grève pour tous les salariés des petites entreprises qui ne le peuvent pas mais qui soutiennent le mouvement. Par contre, s'ils ne peuvent faire grève ça serait bien qu'ils nous renvoient l'ascenseur en venant manifester en famille le samedi. Juste retour des choses.

Écrit par : isa | lundi, 18 octobre 2010

A FAIRE CIRCULER MASSIVEMENT

A noter que les députés, par un vote du 3 septembre 2010, ont rejeté à la quasi-unanimité l'amendement n° 249 Rect. proposant d'aligner leur régime spécifique de retraite (dont bénéficient également les membres du gouvernement) sur le régime général des salariés.

Ils se gardent bien d'en parler !

Alors qu'ils n'ont de cesse d'expliquer l'importance de réformer rapidement un régime de retraite en déficit, les parlementaires refusent d'être soumis au régime de retraite de la majorité des français.

C'est ce qu'ils appellent une réforme "juste" paraît-il !!!

Écrit par : isa | mardi, 19 octobre 2010

Les commentaires sont fermés.