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mardi, 14 septembre 2010

Dans le diplo d'août...

Au départ,

je n'avais pas trop apprécié cet article
du Monde Diplo d'août dernier,
signé par un chercheur,

Hicham Ben Abdallah el Alaoui

que je trouvais « pédant » et imprécis,

peut être parce qu'écrit par des chercheurs et non des journalistes.

Puis j'y suis revenue,

quelques semaines plus tard et je dois dire que je suis agréablement surprise.


Le texte reflète la réalité égyptienne en tous points. Oui, je sais, j'attaque ma seconde année au Caire avec un truc intello... on vieillit, ma bonne dame ! Il est donc question des états qui, petit à petit, sombrent dans la religiosité.

 « Il y a quelques décennies, cette forme de religiosité se heurtait à un nationalisme arabe triomphant »

C'est loin... en témoigne l'exemple de gens qui ont voulu rompre le jeûne du Ramadan au Maroc en 2009 en public.

« L'espace public est ainsi progressivement  encadré par une norme culturelle rigide, composée d'obligations et d'interdits issus d'une lecture stricte des textes religieux » « La culture, jusque là profane, devient mécréante. A la conception ouverte d'un islam associé, à la culture s'est substituée une interprétation obtuse de la charia qui proscrit la culture »

Un peu plus loin dans l'articles, ils nuancent tout de même leur propos en parlant de cette société à deux vitesses où les classes de populations les plus aisées se permettent de mettre de côté des conventions et de consommer publiquement des « produits culturels » occidentaux sans être embêtés. Parce que oui, la société égyptienne est une société de classes.

 Ils reviennent ensuite sur ce qu'ils appellent

« l'essor de l'islam politique (...) soulis aux éxigences contradictoires d'une culture globalisée et de la norme religieuse, artistes et producteurs mettent volontiers en avant leur qualité de « musulmans » (...) en privé ou dans les espaces semi-publics prudemment segmentés, on consomme de la culture profane ; en public, on se montre soucieux d'afficher son identité musulmane. »

 Le papier traite ensuite de la politique et du mélange qui se fait de plus en plus avec le religieux, le droit moderne et la charia.

 « En acceptant la salafisation des normes sociales en matière de mœurs et de comportement (pressions en faveur du port du voile, fermeture de cinémas, etc.), l'Etat arabe moderne consolide sa politique d'alliance tacite avec les oulémas, gardiens officiels de l'islam, qui se montrent alors plus soucieux d'obtenir les faveurs du régime que de le réformer. »

Enfin, ils parle des réseaux, de l'utilité d'Internet pour créer des mouvements politiques ou les soutenir... L'angle change totalement. Je pense que c'est ça, au final, qui m'avait chagrinée au début. En plus ils parlent de la « révolte facebook » pour le mouvement du 6 avril comme s'il s'agissait d'un gadget alors qu'il parait beaucoup plus important vu d'ici.

Idem pour ces quelques lignes sur Internet qui arrivent là par hasard, sans grand rapport avec le reste, sans chiffres qui nous expliquent le taux de connotation ici, ceux de la fréquentation des cybers ou du nombre de foyers équipés d'un modem, d'une clé 3G...

Puis de toute manière, l'angle était différent. Sinon, le papier est à lire absolument parce que oui, malgré cette chute assez déroutante. Oui, je sais, vous ne trouverez plus le diplo du mois d'août chez votre buraliste préféré, vous pouvez toujours aller faire un tour dans une bibliothèque !

Commentaires

Outre les bibliothèques, il y aura la publication en ligne "prochainement" de l'article intégral, annonce le Diplo (mais sans préciser quand).

Écrit par : Irène | samedi, 09 octobre 2010

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