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mardi, 31 août 2010

Journaliste

 

Le métier, il a changé.

Oui, madame.

et j'ai commencé à bosser en 2001 donc j'ai eu le temps de le voir évoluer... Même si la vision que je vous propose n'est que la mienne. d'ailleurs votre avis m'intéresse.

Les « journalistes » d'aujourd'hui ne sont plus les Journalistes d'hier.

La faute à qui ?

La faute aux jeunes ?

Ils bossent pour des tarifs de piges rikikis, des mois au smic, des week end sans repos compensatoires. Ils donnent des papiers et des photos, parfois, juste pour pouvoir mettre le nom d'un prestigieux canard dans leur cv... sans aucune honte et sans aucun respect pour ceux qui sont passés par là avant et se sont battus pour que les suivants ne se fassent pas avoir.

Loupé !

La faute à la conjoncture qui ferait qu'on serait devenus des pions interchangeables ?

oui, là faut cliquer pour lire le billet avec lequel je ne suis pas d'accord d'ailleurs (si on le transfère du Canada vers la France, ça fait très parisianiste). Qui ferait qu'aujourd'hui, pou certains, être « journaliste », c'est publier des dépêches AFP sur un site, les enrichir, et rentrer à la maison avec la satisfaction du travail accompli ? Là, on comprend les guillemets, hein ?

Non, un journaliste c'est quelqu'un qui va sur le terrain, tous les jours, passe plus de temps à discuter avec les gens, les écouter, réseauter, et tant pis si ça ne sert pas le jour même, ça servira plus tard. Un journaliste, il est au carrefour des bruits, pas besoin d'agenda et de confs de presse... s'il fait du terrain en continu, il est au courant.

La faute au manque d'argent ?

Chaque médaille a son revers. On a des vrais spécialistes de terrain en presse régionale mais on a surtout des correspondants qui, pour rien, couvrent les bals à papa, galettes des rois et lotos dans leur bled. Oui, ils siphonnent la profession et les « metroreporters » aujourd'hui sont les correspondants d'hier. La seule différence, c'est qu'ils envoient leurs photos via le web quand les papys de la PQR tirent parfois leurs photos en argentique. Les correspondants ne coûtent rien, ne réclament pas, et font souvent leur boulot le plus honnêtement du monde mais ne sont pas journalistes et n'ont d'autre intérêt que de parler d'un village et d'aider, ainsi, le canard à s'y vendre. Et pendant qu'ils bossent, on n'embauche pas des journalistes ! Pas de salaire à donner...

La faute au salaire, donc ?

Un gars qui fait du copier-coller de dépêches sera toujours trop payé au SMIC.

Un journaliste, non ! faut arrêter, être paye au smic pour bosser un week-end sur deux ou sur trois, se taper des bouclages en pleine nuit au détriment de la vie privée, être constamment à l'affût, même sur son temps de repos, ça ne vaut pas le smic !

Certains vous parleront de cadeaux presse, d'autre de repas ou d'avantages... j'en reviens au parisianisme, tous les titres de presse ne sont pas des féminins bourrés de publicités.

La faute à la crise ?

Ce qui est bien, avec la crise, c'est comme le tomata, on peut en mettre partout !

Et bien non, vont pas nous  la ressortir.

La crise, ça les empêche même de s'engager à plus ou moins long terme quand des gens partent sur le terrain, des Journalistes, des vrais, des à l'ancienne qui font du terrain là où ne personne va pour te rapporter l'info, toi, lecteur.

Il y a encore quelques années, on pouvait partir sur le terrain avec quelques commandes ou l'assurance d'un, voire plusieurs, rédacs chef, qu'au retour, des papiers, des photos, des sons seraient achetés sur tel ou tel sujet.

Fini.

Aujourd'hui, on est frileux.

On ne s'engage pas. T'avances tes frais, ton voyage, ton hébergement, sans aucune assurance d'avoir un seul sujet pris à ton retour. Pour repondre à ce fameux billet, le jounaliste propose, le journalite, de tous temps, ont propose des sources differentes, cherché... mais le probleme c'est qu'un gars avec un téléphone ou un compte twitter, encore une fois, ce n'est pas un journaliste et que les patrons ont de plus en plus tendance à l'oublier.

Après tout, il y aura peut être un métro reporter ou un amateur qui publiera des videos sur Internet.

La boucle est bouclée.

La video sera traitée par un nouveau venu, tout frais sorti d'école, qui vérifiera en trois clics sur des blogs, sans même aucun contact téléphonique sur place, et la publiera en quelques minutes en croyant faire un boulot de journaliste.

Triste réalité.

 

Alors oui, le métier a changé.

La faute aux patrons de presse qui veulent le beurre, l'argent du beurre et faire des bisous à la crémière : des journalistes qui bossent pour rien, des journaux qui se vendent, la pub qui remplit les caisses...

Et bien non, ça ne se passe pas comme ça et si on cessait deux minutes de penser au profit on s'en rendrait bien compte. Un rédac, ce n'est pas une société, c n'est pas une entrepris, c'est une rédaction.

Si on ne change pas de cap, ça ne pourra qu'empirer.

Le grand public n'a plus confiance dans les journalistes. Et pour cause ! ceux qu'ils prend pour des journalistes n'en sont plus.

Le journaliste, c'est devenu un animal en voie d'instinction parce que les patrons de presse veulent faire des économies. Mais à trop vouloir tirer sur la corde, on finit par la casser.

Une fois que les Journalistes auront totalement disparus, vous serez peut-être un peu plus riches. Mas riches de quoi ? Une fois que tout le monde aura perdu confiance en la presse, une fois qu'une info vérifiée et de qualité aura disparue, une fois qu'il n'y aura plus personne pour nous parler de ce qu'ils se passe ici ou ailleurs.

Tout le monde cliquera sur des blogs, sur des sites et se fera sa propre idée de ce qu'il peut bien s'y passer, sans recul nécessaire, sans terrain, sans info.

La rumeur nous guette, ceux qui tiennent les caisses ont la possibilité de faire évoluer la situation.

Commentaires

Ha ha ha !!! On a commencé la profession à peu près en même temps. J'ai trimé dans les rédactions de pas mal de canards de PQR en rédac, en SR, dans des magazines, à la télé... et depuis 3 ans, je ne vaux plus un clou.

Pourquoi... c'est la question que je me pose encore. Mais à force de lire la presse, je commence à comprendre...

Hardi camarade...

Écrit par : Deschodt | mercredi, 01 septembre 2010

toi aussi tu sens poindre la déprimette des 10 ans... pas mal de monde avec qui je papotte est dans la meme situation... alors il se passe quoi ?
le métier a-t-il vraiment changé ? sommes-nous en decalage pour d'autres raisons ? faut il accepter d'autres visions du métier ? se battre pour revenir à un situation qui nous semble plus "normale" ?
ou se refuser à faire du caca en barres et faire autrechose ?
Bienvenu sur Sete'ici, en tout cas, reviens commenter quand tu veux !

Écrit par : ju | mercredi, 01 septembre 2010

Les commentaires sont fermés.