Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

mardi, 01 décembre 2009

Eid

j'ai vu du sang

du sang dans la rue, par hasard, en tournant en voiture dans une rue d'Alexandrie. Des animaux morts étalés, un autre qui agonisait et qu'on saignait.

...

une marre de sang.

rouge vif.

c'est bizarre comme l'effet symbole peut jouer, dans ces cas là.

Je vois des morceaux de viande suspendus à chaque fois que je vais chez mon boucher, je choisit les pièces qu'il met sous mon nez, on parle en langage des signes en attendant de me mettre réellement à l'Egyptien de manière intensive. Et là, aucun problème.

Alors je ne sais pas pourquoi.

Tout ce sang dans la rue.

Cette bête qui souffre.

Ça marque.

...

En rentrant à Dokki en  métro, après mes trois heures de train, j'ai traversé le quartier, comme à mon habitude remontant toutes les rues qui me semblaient pour une fois tellement silencieuses.

Mais où étaient donc passés tous les vendeurs ? les étals gigantesques de fruits et légumes ?

juste le silence et les rues entièrement inondées... Où passer ?

Aurait-il plu au Caire en mon absence... bizarre bizarre... mais après tout,  il est presque 23H... alors je n'ai vraiment pas la tête à réfléchir. les flaques énormes deviennent des vraies rues sous les eaux à mesure que je me rapproche de chez moi.

Floc !

et me voila les pieds dedans... pourquoi ont-ils éteints les lumières ?

Re-floc !

plus le temps passe et plus je m'intéresse à la surface de cette eau... savonneuse.

Oui, c'est du savon qui flotte à la surface.

J'y suis !

Dans ma rue aussi, le sang à coulé, dans celles que je traverse pendant le quart d'heure de marche qui sépare mon appart du métro aussi !

et on a nettoyé.

fini

effacées les traces des souffrances en plein air.

Disparues, aussi, les festivités, la joie des familles.

Des gouttes de sang viennent tacher le blanc des pavés de mon hall d'immeuble.

je les suis, empruntant les escaliers. Je m'arrête au second, les taches continuent leur chemin.

Arrivée chez moi, le temps d'enlever mes chaussures, je nettoie mes pieds, faisant disparaître ce mélange rouge et noirâtre de sang, de terre et de crasse.

Et finalement, je me dis que je l'aime, ce pays. Dans ses différences, dans sa singularité, dans toutes ces petites choses que je ne comprends pas encore... je l'aime.

Commentaires

Eh ben dis donc, c'est gore tout ça, heureusement qu'à l'époque Abraham a sacrifié un mouton plutôt que son fils...
Y'en a bien qui vont s'insurger contre cette pratique, c'est pas mieux nos corridas et autres dégeulasseries.

Écrit par : Pat | mercredi, 02 décembre 2009

Les commentaires sont fermés.